Autonomisation des femmes rurales grâce aux centres de transformation des produits agricoles en Haïti.
Les centres de transformation de fruits soutenus par l'AECID favorisent l'autonomisation des femmes rurales, contribuant ainsi à promouvoir le développement durable et la résilience communautaire.

À l'occasion de la Journée Internationale des Droits de la Femme, il est essentiel de mettre en lumière des initiatives concrètes qui encouragent l'émancipation des femmes rurales et luttent contre la pauvreté. Dans les zones vulnérables de Fond Verretes et Thiotte, un projet dirigé par CESAL démontre que les centres de transformation de fruits peuvent devenir de véritables moteurs de développement. Grâce à ces centres, il est possible de valoriser les ressources locales, tout en offrant une formation technique et un accès à un équipement moderne. Cela génère une nouvelle dynamique d'autonomisation pour les femmes, renforçant également la résilience de leurs communautés face aux défis du changement climatique et d'une économie fragile.
Guerdine Alexandre, une femme de Fond Verretes, se souvient : « Avant, nos récoltes de mirlitons pourrissaient dans les champs. Nous ne pouvions vendre qu’un sac pour à peine 500 gourdes, et souvent tout était gaspillé. »
AuteniaFormil, une autre bénéficiaire, partage son expérience : « Nous avons reçu un centre de transformation alimenté par un système solaire. Avec une machinerie moderne, nous produisons désormais des petits pois, de l’igname, des bananes… Nous gagnons plus d’argent, notre groupe amême créé une boutique et une caisse d’épargne. »
Ce changement leur a permis de gagner en confiance, de diversifier leurs activités et de renforcer leur autonomie. En augmentant leurs capacités, elles peuvent conserver, transformer des fruits et fabriquer des confitures, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités sur le marché. Cela a permis de renforcer leur moyen de subsistance et d’accéder plus facilement à leurs ressources, leur conférant ainsi une plus grande indépendance économique.
Miralema Joseph, quant à elle, rêve en grand : « Nous aimerions agrandir notre boutique pour en faire une véritable magasin qui serve toute la communauté. » Son ambition ne concerne pas seulement elle, mais toute leur région, leur environnement et leur avenir. Son parcours témoigne d’une véritable transformation.
Grâce à une subvention de l’AECID de près de 490 000 € — qui s’est terminée en 2025 —, et à d’autres actions visant à améliorer la sécurité alimentaire de la zone et les droits des femmes, plusieurs centres de transformation ont été créés et renforcés dans différentes localités. Quatre petites boutiques ont été mises en place, favorisant des systèmes d’épargne communautaire. Le projet a permis de créer un réseau de femmes collaborant à la commercialisation de leurs produits, avec le soutien des municipalités.
D’autres fonds de l’AECID ont permis de consolider ce modèle de développement communautaire et d’étendre ses bénéfices à d’autres régions. À Bainet, par exemple, le centre de transformation de Fregiste, construit dans le cadre d’un projet de la Croix-Rouge espagnole, continue de soutenir l’économie locale en formant les personnes à la transformation de la manioc en cassave.
La Journée mondiale des Droits de la Femme nous rappelle que le développement durable passe par ces femmes, qui, grâce à des initiatives comme celle-ci, peuvent sortir de la pauvreté, encourager l’entrepreneuriat féminin et protéger leur environnement, avançant ainsi vers un avenir plus juste et plus résilient.
Vidéo avec les témoignages des bénéficiaires.
Centre de transformation des fruits à Fonds-Verette, Thiotte.