Agriculture, travail et autonomie à Bainet: témoignage d'une bénéficiaire des unités de transformation du maïs

Dans les communautés isolées de Bainet, un nouveau bourdonnement a remplacé le bruit des pilons. C’est celui des moulins électriques des Unités de Transformation du Maïs (UTM), qui changent le quotidien de nombreuses femmes rurales.

Le projet de Solidarité Internationale (NESI), accompagné de CROSE, Fanm Deside et Refoj, soutient les femmes des zones isolées de Bainet, en renforçant leurs capacités pour promouvoir le droit à une vie sans violence et en facilitant leur empowerment politique et économique. Cette intervention, financée à hauteur de 614 996 euros, a permis la mise en place de six unités de Transformation du Maïs gérées par 120 femmes.

"Avant, nous étions épuisées avec le pilon ou nous parcourions de longues distances"

Le souvenir de cette tâche est encore vif. « Avant, pour moudre le maïs, nous utilisions un moulin manuel. Nous étions très fatiguées par l’effort », se souvient Bigot Ronia. Comme des milliers de femmes rurales haïtiennes, elle passait des heures à écraser le maïs et le millet avec le pilon, ou devait parcourir de longues distances pour trouver un moulin.

Cette charge de travail pesait beaucoup sur l’organisation quotidienne des foyers. Le temps consacré à la mouture - plusieurs heures par jour - réduisait celui disponible pour d’autres activités : réaliser des tâches ménagères ou de soins de la famille, des travaux agricoles ou simplement se reposer.

Aujourd’hui, ce temps a été considérablement réduit. « Maintenant, nous avons un moulin chez nous. Nous pouvons moudre notre millet après l’avoir trempé, puis cuisiner rapidement notre repas », explique Bigot Ronia.

Un modèle économique au service des femmes

Bigot Ronia n’est pas seulement une bénéficiaire : elle est opératrice de l’Unité de Transformation du Maïs. Sa tâche consiste à gérer le fonctionnement du moulin électrique installé dans la huitième section communale de Bainet, Oranger. « Quand je suis payée pour moudre le maïs ou le millet, j’enregistre la quantité dans un cahier, puis je mets l’argent de côté dans une caisse », détaille-t-elle.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

Depuis sa mise en service en octobre 2025, les UTM ont produit 4 800 casseroles de maïs moulu (environ 28 800 livres, une casserole équivaut à 6 livres), générant un revenu total de 227 950 gourdes, soit près de 1 500 euros, ce qui représente une opportunité significative pour ces femmes.

"Top top, le maïs est prêt"

Ronia se montre fière lorsqu’elle décrit l’efficacité du moulin électrique : « Avec un peu d’argent, top top, le maïs est prêt, que ce soit pour cuisiner ou pour vendre, selon nos besoins ».

L’AECID souhaite célébrer ce 1er mai, journée de l’Agriculture et du Travail, en valorisant ce type d’initiatives qui favorisent l’autonomisation des femmes en zones rurales et en soulignant leur contribution à l’agriculture locale et au développement pour toute la communauté.

Vidéo du témoignage de Bigot Ronia



Temática

Haití OCE Haití

ODS

Rueda de las ODS

Fecha

02/05/2026 - 16:29

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